Un ralentissement de plus en plus inconfortable
La fin du printemps et le début de l’été n’ont apporté aucune détente aux banques qui marchent sur un fil depuis des mois. A l’évidence, dans une conjoncture nationale et internationale dégradée, le chemin est étroit entre la volonté de ne pas décourager une demande de crédits de plus en plus incertaine et la nécessité de renforcer des fonds propres.
En juin 2026, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel (hors assurance et coût des sûretés) s’est établi à 3,26 % (3,18 % pour l’accession dans le neuf et 3,26 % pour l’accession dans l’ancien). Il reflète un fin resserrement des conditions des banques. Compte tenu d’une toile de fond peu encourageante (guerre au Moyen-Orient, incertitudes politiques et économiques de la France), les établissements de crédit relèvent doucement leurs taux d’intérêt.
Le taux moyen des crédits s’est élevé de 3 points de base en mai et d’un point en juin pour se fixer à 3.26 %. Sur les six premiers mois de l’année, les taux des prêts à 15 ans ont augmenté de 3 points de base, ceux des prêts à 20 ans et à 25 ans de 5 points de base.
L’arbitrage en faveur du renforcement des fonds propres prend doucement le pas sur la consolidation d’une demande inquiète. Après avoir comprimé leurs marges durant plusieurs mois afin de contenir la hausse des taux, les banques arbitrent en faveur de la consolidation de leurs fonds propres. Mais elles le font en douceur : l’annuité moyenne des nouveaux emprunteurs n’a progressé que de 0,7 % entre décembre 2025 et juin 2026.
Les emprunteurs moins bien dotés en apport personnel (ceux dits des 3ème et 4ème groupes), souvent les primo accédants modestes et les familles nombreuses, ont même été un peu protégés de ces remontées sur les durées longues. Selon les experts de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, les banques prennent garde à « préserver la demande de ménages déstabilisés par les pertes de pouvoir d’achat et un climat politico-économique particulièrement anxiogène ».

