Atterrissage par mauvais temps
Une hausse stabilisée des taux. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier la tendance des taux des crédits immobiliers sur le premier trimestre 2026. En août 2025, le taux moyen des crédits était de 3,06%. Entre janvier et février 2026, la hausse a été de sept points de base, les banques ajustant leurs barèmes face à la dégradation de l’environnement. En mars 2026, le taux s’est stabilisé à 3,23%.
Depuis une dizaine de mois, les banques sont entraînées dans une valse inconfortable : ne pas aggraver la déprime ambiante des demandeurs de crédits, mais marger suffisamment pour protéger leurs fonds propres. Depuis quelques semaines, le conflit au Moyen-Orient s’installe, avec son corollaire inévitable, une dégradation de la situation économique internationale : ralentissement de la croissance, rebond de l’inflation, pertes de pouvoir d’achat… La demande de crédits a commencé à pâlir. Les banques ont dû en tenir compte. « Afin d’atténuer ces conséquences, les banques ont dû réajuster à la baisse leurs barèmes (bien au-delà d’un simple geste commercial) pour répondre à la dégradation de la demande », expliquent les experts de l’Observatoire Crédit Logement /CSA.
Pour autant, la stratégie prudentielle de renforcement des fonds propres est bien à l’œuvre en toile de fond. Entre juin 2025 et mars 2026, les taux des prêts à 25 ans ont augmenté de 15 points de base (pdb) et ceux à 20 ans de 14 pdb. Le taux moyen a cru de 18 points de base depuis juin 2025. Les primo accédants modestes et familles modestes (3ème et 4ème groupe) ont été un peu protégés sur les prêts à 25 ans, restés stables sur le premier trimestre 2026. Autre « fenêtre de stabilité », les prêts à 15 ans eux, ont même reculé pour tous les emprunteurs d’environ 5 pdb durant ce trimestre.

